Les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (plus connues sous le nom de PFAS) sont des composés chimiques employés depuis les années 1950.
Leurs propriétés (hydrofuges, antitaches, antiadhésives, résistance à la chaleur et aux graisses…) ont entraîné une multiplication de leurs usages, tant industriels que domestiques. On dénombre aujourd’hui plus de 4700 substances.
Souvent appelés polluants éternels, les PFAS présentent un double problème. Sur le plan sanitaire, leurs conséquences sont avérées sur la santé. Sur le plan environnemental, de nombreuses entreprises les rejettent dans le milieu naturel. Ils sont ainsi présents dans différentes matrices : solides (terres, déchets), gazeuses (dont l’air, avec déplacement sur de longues distances) et liquides : la contamination des rivières ou des nappes phréatiques entraîne alors celle de l’eau potable. Le deuxième problème est leur accumulation dans le milieu naturel du fait des rejets industriels constants depuis des années et de l’absence de dégradation de ces polluants éternels dans l’environnement.
Législation et anticipation
La directive européenne relative à la qualité de l’eau destinée à la consommation humaine, transposée en droit français par l’arrêté du 30 décembre 2022, a fixé une limite 100 ng/L pour la somme de 20 PFAS représentatifs et détectables avec les méthodes analytiques actuelles.
Mais la réglementation reste évolutive. En septembre 2024, le Haut Conseil de la Santé Publique a recommandé, en attendant les propositions de l’Anses, une valeur seuil provisoire de 20 ng/L pour la somme des 4 PFAS préoccupants (PFOA, PFOS, PFNA et PFHxS).
Au Danemark, le seuil pour ces mêmes 4 PFAS est à 2 ng/L, soit une exigence dix fois plus stricte.
Face à ces évolutions, plusieurs de nos clients ont été alertés et nous ont missionnés pour concevoir de nouvelles usines de potabilisation ou adapter celles déjà en service pour qu’elles puissent traiter efficacement les PFAS.
Comment se déroule une mission de traitement ?
Étape 1 – Les études préliminaires
Cette phase consiste à caractériser les PFAS. Elle s’étale sur plusieurs mois, car nous devons prendre en compte les saisonnalités. Un critère essentiel est la taille des molécules, définie par la longueur de leur chaîne carbonée. Ces chaînes peuvent être courtes, moyennes ou longues. Plus la chaine est courte, plus l’élimination des PFAS sera complexe.
Lorsque plusieurs ressources en eau sont disponibles, une étude préliminaire peut être menée pour évaluer les possibilités de dilution. Cette analyse permet d’examiner si le mélange de différentes sources peut réduire la concentration globale en PFAS, avant même d’envisager un traitement spécifique.
Une fois les PFAS caractérisés dans les eaux brutes, il faut choisir une solution de traitement adaptée, qui peut être, selon l’urgence de la situation, provisoire ou définitive. Plusieurs technologies existent, chacune possédant son efficacité spécifique, ses inconvénients et un coût distinct. Les 3 principales sont :
- Le charbon actif, solution classique, efficace surtout sur les chaînes moyennes et longues. Il nécessite une régénération régulière à haute température.
- Les membranes de nano-filtration et d’osmose inverse: très efficaces (élimination supérieure à 90 %), mais gourmandes en énergie, générant des pertes d’eau et des rejets très concentrés en PFAS et en phosphore
- Les résines échangeuses d’ions: prometteuses, avec de très bonnes performances et peu de pertes d’eau. Elles ne sont pas encore homologuées en France en 2025, mais utilisées ailleurs en Europe. Les enjeux portent sur la gestion des éluats (eaux de lavage des résines) et la durée de vie des résines.
Étape 2 – Conseil auprès de la maîtrise d’ouvrage (MOA)
Face aux enjeux liés aux PFAS, notre mission dépasse la seule réponse technique. Nous accompagnons nos clients de la prise en main du sujet jusqu’à la réception et l’exploitation des installations de traitement, en assurant un pilotage complet et structurant de l’opération.Cela comprend :
- Le cadrage réglementaire et la réalisation des dossiers associés (déclarations, autorisations, conformité sanitaire),
- Le choix du mode de passation des travaux, adapté aux contraintes du projet, (maîtrise d’œuvre, conception-réalisation, marché global de performance)
- La consolidation du budget, en intégrant les incertitudes technologiques et réglementaires,
- La planification de l’opération, pour sécuriser les délais et les étapes clés,
- Et, selon les cas de figure, la mise en œuvre d’essais en laboratoire et d’essais pilote pour valider les performances des solutions envisagées et affiner les coûts d’exploitation.
Notre objectif : sécuriser durablement la qualité de l’eau potable ou bien diminuer les rejets des industriels, en conformité avec les exigences actuelles et à venir.